Le programme « 3E » en faveur du village de Bhimpédi (District de Makwanpur)

LE VILLAGE DE BHIMPEDI
Bhimpedi est une petite bourgade (6000 habitants), non loin de Hetauda, située dans le district de Makwanpur, dans la chaîne du Mahabharata, sur le trajet le plus court entre la frontière indienne et Kathmandu.
Aujourd’hui, le centre de l’agglomération est réduit. L’habitat est très dispersé dans la montagne, fait de toutes petites fermes procurant aux agriculteurs des revenus très modestes.
La petite bourgade de Bhimpedi est composée d’une importante proportion de petits paysans pauvres dont la plupart sont de l’ethnie des « Magar » (ethnie d’origine mongoloïde).
Leurs maisons, dispersées dans la montagne, sont de construction traditionnelle, faites de pierres sèches recouvertes de terre argileuse pour assurer protection et étanchéité ; d’autres sont construites plus simplement en pisé. Elles se composent le plus souvent d’une à deux pièces, jouxtant inconstamment une petite étable faite de branchages. Une pièce commune servant à la cuisine et aux repas, une autre pièce faisant office de chambre.
Ces pièces ont un sol en terre battue et un plafond très bas. Le mobilier est très sommaire, voire presque inexistant, une table parfois, rarement un à deux bancs. Ordinairement, la cuisine se fait dans la pièce principale, sur un petit feu de bois, bien qu’il n’y ait pas de cheminée.
Cette insalubrité explique la grande morbidité broncho-pulmonaire de ces populations, dès le plus jeune âge. De plus, l’utilisation intensive du bois pour la cuisine a généré une déforestation et conséquemment une érosion importante et rapide de cette région fortement soumise aux pluies de mousson.
Autrefois prospère, car village de transit entre l’Inde et la capitale népalaise Kathmandu, Bhimpedi est aujourd’hui un banal village éloigné de tout, notamment des zones touristiques. En effet, à partir de 1966, la prospérité de cette bourgade s’est estompée depuis qu’une route, située à quelques kilomètres de là, assure la jonction entre la frontière indienne et la capitale du Népal. Pourtant, la piste qui part de Bhimpédi à travers la montagne reste fréquentée, car elle nécessite 4 heures de route en voiture pour faire les 50 kilomètres vers Kathmandu, alors que la route, beaucoup plus longue, impose un parcours de 8 heures environ. Il n’existe qu’une seule ligne de téléphone (une cabine téléphonique) pour tout le village.
LE PROGRAMME D’AIDE « 3 E » : « ECONOMIE-ECOLOGIE-EDUCATION » DU VILLAGE DE BHIMPEDI
E comme ECONOMIE
Il s’agit d’un programme de type « micro crédit » initié pour faciliter l’acquisition d’un buffle femelle, préalable aux trois objectifs recherchés : économique, environnemental et éducatif.
Dans ce village un groupement de femmes (Rising Women Cooperative), joue un rôle facilitateur de ce projet, ainsi qu’un rôle administratif de gestion de ces micro crédits. Ce groupement de femmes est l’interlocuteur privilégié des petits agriculteurs qui souhaitent entrer ou sont entrés dans ce projet « 3 E »
Aujourd’hui, le coût d’un buffle femelle au Népal est d’environ 300 € (environ 27 000 roupies). La famille de paysans doit pouvoir en financer la moitié (150 €, soit 13 500 roupies) ; l’autre moitié étant prêtée par le groupement de fermières népalaise (Rising Women Cooperative)
Les paysans ayant acquis un buffle femelle de cette façon vont voir leurs ressources augmenter, par la production quotidienne de lait, par la reproduction et par son utilisation comme animal de travail (labourage).
E comme EDUCATION
L’école Bhimaadhar Samu Dayac (2) de Bhimpédi est une école primaire publique de 58 enfants âgés de 6 à 10 ans dont le financement par l’Etat ne permet pas de payer les maîtres chaque mois. Ses locaux sont vétustes, son mobilier rare et bien sûr elle ne dispose d’aucun ordinateur qui pourtant rendrait plus aisé l’enseignement de l’anglais. Une partie des enfants de l’école sont des orphelins recueillis au petit orphelinat de cette bourgade.
Le remboursement de la somme prêtée se fait au taux de 12% annuel (taux bancaires actuels : 18%).
De ces intérêts, 2% sont versés à l’association de femmes, afin de permettre son fonctionnement, 10% sont versés à l’école primaire Bhimaadhar Samu Dayac , participant ainsi au fonctionnement de l’école publique fréquentée par les enfants de ces petits agriculteurs.
E comme ENVIRONNEMENT
Avec une installation simple, les déjections des buffles sont stockées dans un réservoir enterré non loin de la maison. La fermentation des rejets de buffle produit un gaz hydrocarbure qui est récupéré et transporté par une tuyauterie jusqu’à un réchaud dans la maison. La quantité de gaz produite par les rejets d’un buffle suffit à la cuisine d’une famille de 5 à 6 personnes.
Le coût d’une telle installation est de 16 000 roupies (180 €). 6000 roupies doivent être financées par la famille de petits paysans (70 €), et 10 000 roupies (environ 110 €) font l’objet d’une dotation provenant d’un fond étranger.
Ce procédé simple et efficace aura un retentissement direct sur l’état de salubrité des logements, puisqu’il n’y a plus de production de fumée dans les maison. Ce progrès pourrait à lui seul réduire de façon très significative l’incidence de la morbidité broncho-pulmonaire.
De plus ce projet, en réduisant fortement la consommation de bois, a un impact positif sur l’Environnement par un arrêt de la déforestation, notamment s’il est associé à un projet de replantation.
Ce programme colle à la réalité népalaise et à ses immenses besoins, en termes de développement économique, d’éducation des jeunes générations, de santé publique et d’environnement.
C’est pourquoi, l’association DURGA, sous le patronage du Consulat du Népal à Rouen, souhaite jouer un rôle moteur de ces différents projets. Pour cela, le consulat s’implique à faire mieux connaître dans sa réalité quotidienne, le Népal profond.















